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Diagnostic amiante

 

L’amiante (nom masculin) est un terme industriel désignant des minéraux à texture fibreuse utilisés dans l’industrie. Ce sont des silicates magnésiens ou calciques ayant des propriétés réfractaires. Les diverses catégories d’amiante correspondent à plusieurs espèces minérale:

l’amiante blanc ou chrysotile (groupe des serpentines)

l'amiante bleu ou crocidolite, du groupe des amphiboles. L’amiante est devenu populaire parmi les industriels en raison de sa résistance à la chaleur, aux agressions électriques et chimiques, son pouvoir absorbant et sa résistance à la tension. 

Certaines catégories de ce matériau « miracle » sont maintenant connues comme étant très toxiques. Le danger provient de l'inhalation de fibres d'antophyllite, un type particulier d'amiante, qui produit une fibrose pulmonaire

L’abestose : des fibres d'amiante sont également cancèrogènes, en cause dans les cancers bronchos-pulmonaires, et dans les cancers de la plèvre (mésothéliome). Les personnes concernées sont celles qui ont été fortement exposées sans protection (les « travailleurs de l'amiante »). Depuis le milieu des années 1980, de nombreuses utilisations de l'amiante ont été interdites dans de nombreux pays, et un « scandale de l’amiante » controversé a eu lieu dans les années 1990.

 

Ce sont ses caractéristiques physico-chimiques de résistance et de persistance dans l'organisme, associées à une capacité à se fractionner en particules microscopiques pour atteindre les alvéoles pulmonaires, et même migrer jusqu’à la plèvre, qui font que l’inhalation de particules d’amiante est pathogène.


Utilisations 

Usages historiques Les amiantes sont connus depuis plus de 2000 ans. Leurs propriétés exceptionnelles ne manquent pas d’intéresser les Grecs qui le nomment άσβεστος (asbestos, c’est-à-dire « indestructible ») mais aussi chrysotile, (fibre d’or, de χρῡσός, « or »).


 

Utilisations modernes

 

Utilisations avant le scandale de l'amiante 

L'amiante a été utilisé très tôt dans l’industrie pour l’isolation, les joints ou encore les garnitures de friction (embrayage et plaquette de freins). Le coût faible de production (environ 5 fois moindre que les fibres minérales artificielles) font que ce matériau a aussi été fortement utilisé, notamment dans le BTP entre 1960 et 1980.

L’application la plus répandue est l’amiante-ciment, qui représente 90 % de l’utilisation de l’amiante, produit très utilisé dans le secteur du bâtiment, qui a contenu de l’amiante jusqu’à fin 1996.


 

Désamiantages 

Particulièrement en France, des désamiantages très coûteux et controversés ont eu lieu. Le désamiantage controversé du campus de jussieu, décidé en 1997, a pris des années, le désamiantage du porte avion Clémenceau a donné lieu à des actions en justice,. La question du désamiantage de la Tour Montparnasse n’est pas résolue.


 

Utilisations dans les années 2000 

L'amiante est utilisé dans de nombreux pays. Le Canada est un producteur important. Le Brésil est le 5e producteur mondial ; Les pays émergents (Asie, Afrique, Amérique du Sud) et de l’ex-URSS représentent les principaux débouchés pour les producteurs d’amiante.

Il n'y a pas de consensus sur le danger des divers types d'amiante. Le risque dépend du type d'amiante. Certains types d'’amiante utilisés de façon sécurisée ne représente probablement pas de danger pour la santé ; le Chrysotile, un type d’amiante à fibre longue, est considéré par certains comme inoffensif, tandis que d'autres le traitent comme un cancérigène certain. Les opposants à l'amiante considèrent qu'il n'existe pas d'usage sécurisé de l'amiante dépourvu de risques pour la santé.



Risques sanitaires 

 

Pathologies de l’amiante 

Les caractéristiques physico-chimiques de l'amiante, associées à une capacité à se fractionner en particules microscopiques pour atteindre les alvéoles pulmonaires, et même migrer jusqu’à la plèvre, font que l’inhalation à fortes doses de particules d’amiante est pathogène.

Les pathologies peuvent se déclarer jusqu’à plus de cinquante ans après les premières expositions aux fibres d’amiante. Environ 125 millions de personnes sont exposées à l’amiante professionnellement dans le monde, et 90 000 en meurent chaque année.


 

Asbestose

L’abestose et toutes les autres maladies qui en découlent seraient principalement dues à une inflammation chronique du poumon, avec accumulation demacrophages ayant phagocyté des fibres d'amiante.


 

Les cancers broncho-pulmonaires 

Les cancers broncho-pulmonaires représentent la première cause de mortalité des sujets ayant été exposés à l’amiante. Le temps de latence entre la première exposition et le développement de la maladie dépasse en général 20 ans. Aucune particularité clinique ou radiologique ne les distingue des cancers broncho-pulmonaires d’autres origines et leur développement est indépendant d’une fibrose pulmonaire. Le risque d’atteinte tumorale est majoré par l’exposition à d’autres agents cancérogènes, le tabac, mais aussi des produits cancérogènes que l'on peut retrouver dans le milieu de travail. Pour un risque égal à 1, associé à une personne non exposée à l’amiante et ne fumant pas, ce risque est multiplié par 5 pour une exposition à l’amiante, par 10 pour un fumeur et par 50 pour un fumeur exposé à l’amiante. Il existe une relation dose/effet entre l’intensité de l’exposition à l’amiante et le risque de cancer bronchique, sans qu’il soit possible de proposer de valeur seuil. En l’état actuel des évaluations épidémiologiques, on estime entre 1 800 et 4 000, l’incidence annuelle de cancers broncho-pulmonaires attribuables à l’amiante.

 

Le mésothéliome 

Le mésothéliome, cancer de la plèvre ou, plus rarement, du péritoine, est spécifique de l'amiante et le pronostic est fatal assez rapidement. Lorsque le mésothéliome est découvert, la durée de survie est de 1 an. Il peut apparaître 20 à 50 ans après l’inhalation des fibres.


 

Cancers digestifs 

Les études épidémiologiques démontrent une augmentation significative des cancers digestifs, en particulier côlorectaux, avec le niveau d'exposition à l'amiante.


 

Exposition des travailleurs 

Scandale de l’amiante .

Les travailleurs qui sont exposés au risque de mortalité sont les personnels des mines et usines d’amiante, et les travailleurs impliqués dans le BTP et dans l’entretien et la réparation de lieux ou produits contenant de l’amiante. Les travailleurs indépendants, nombreux dans le secteur du BTP, souffrent en outre de moindre protection juridique. Ils ont souvent été exposés sans le savoir, en particulier, lorsque les risques de l’amiante étaient inconnus (c'est-à-dire bien avant la Seconde guerre mondiale. À titre d’exemple, en France, l’Institut de veille sanitaire (InVS) a estimé en 2007 que 50 % des artisans français mis à la retraite en 2004 ont été exposés à de l’amiante lors de leur vie professionnelle. Ils travaillaient pour moitié dans le BTP, et pour le reste dans la réparation automobile, marine ou ferroviaire, la chaudronnerie, la ferronerie, etc. Un bilan et un suivi médical ont été proposés aux artisans par le programme Espri (Épidémiologie et surveillance des professions indépendantes), pour éventuelle indemnisation. Cette étude a montré qu’une personne sur quatre lors du bilan présentait au moins une anomalie ou pathologie (généralement bénigne) pouvant être induite par l’amiante. L’InVS a recommandé l’extension du suivi à toute la France. 

 

Le scandale de l’amiante

 

Dans le monde, un « scandale de l’amiante » naît dans les années 1990. Il est lié aux risques encourus par des travailleurs du bâtiment qui ont été exposés à de fortes doses d’amiante pendant leurs années d’activité. En France, où les pouvoirs publics ont tardé, comparativement aux autres pays développés, à interdire l'usage de certaines fibres d'amiante, 35 000 décès survenus entre 1965 et 1995 seraient 

 

Décret n° 96-97 du 7 février 1996 relatif à la protection de la population contre les risques sanitaires liés à une exposition à l'amiante dans les immeubles bâtis

 

Article 1er : Le présent décret s’applique à tous les immeuble bâtis, qu’ils appartiennent à des personnes privées ou à des personnes publiques, à la seule exception des immeuble à usage d’habitation comportant un seul logement.


Article 2 : Les propriétaires des immeubles mentionnés à l’article 1er doivent rechercher la présence de flocages contenant de l’amiante dans les immeubles construits avant le 1er janvier 1980. Ils doivent également rechercher la présence de calorifugeages contenant de l’amiante dans les immeubles construits avant le 29 juillet 1996 et la présence de faux-plafonds contenant de l’amiante dans les immeubles construits avant le 1er juillet 1997. Pour répondre à ces obligations de recherche, et sous réserve que la présence d’amiante ne soit pas déjà connue, les propriétaires consultent l’ensemble des documents relatifs à la construction ou à des travaux de rénovation de l’immeuble qui sont à leur disposition.

 

Si ces recherches n’ont pas révélé la présence d’amiante, les propriétaires font appel à un contrôleur technique, au sens du décret du 7 décembre 1978 susvisé, ou à un technicien de la construction ayant contracté une assurance professionnelle pour ce type de mission, afin qu’il procède à une recherche de la présence de flocages, de calorifugeages ou de faux-plafonds. Ce contrôleur technique ou ce technicien de l construction doit n’avoir aucun lien de nature à porter atteinte à son impartialité et son indépendance ni avec le ou les propriétaires, ou leur préposé, qui font appel à lui ni avec aucune entreprise susceptibles d’organiser ou d’effectuer des travaux de retrait ou de confinement des matériaux et produits prévus par le présent décret.

En cas de présence de flocages, de calorifugeages ou de faux-plafonds et si un doute persiste sur la présence d’amiante, les propriétaires font faire un ou des prélèvements représentatifs par un contrôleur technique ou un technicien de la construction répondant aux prescriptions du précédent alinéas. Ce ou ces prélèvements font l’objet d’une analyse qualitative par un organisme compétent répondant aux exigences définies par un arrêté du ministre chargé de la santé eu égard aux méthodes nécessaires pour vérifier la présence d’amiante dans le matériau ou le produit.

Seul le contrôleur technique ou le technicien de la construction mentionné au troisième alinéa atteste de l’absence ou de la présence de flocages, de calorifugeages ou de faux-plafonds et, le cas échéant, de la présence ou de l’absence d’amiante dans ces matériaux ou produits.

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